Tout pour être Freelance : Lise Slimane publie la bible d’un lancement réussi ! Rencontre avec cette auteure, entrepreneur, touche-à-tout.

Lise Slimane, Entrepreneuse et Formatrice dans l’économie Freelance, grande amie du Hub Nomade, sort un livre dédié au lancement en Freelance : une véritable bible pour ceux qui se lancent mais aussi pour ceux qui souhaitent faire évoluer leur activité. On a discuté du projet pour vous en dévoiler les coulisses et les bénéfices !

Salut Lise ! Tu viens de sortir un livre dédié au lancement en Freelance, félicitations !

Qu’est-ce que ça fait, en tant que créateur digital, de sortir un objet matériel aussi pérenne et symbolique ? 

Hello Margaux, merci de m’offrir (à nouveau) une place dans la communauté du Hub Nomade, que j’affectionne profondément.

Ta question résume bien cette expérience : c’était un énorme défi car écrire un livre (et se faire publier) ne ressemble à aucune autre création de contenu. D’un côté, c’est une reconnaissance de ses capacités à s’exprimer sur un sujet précis. C’est exaltant, ça fait du bien, ça valorise. De l’autre côté, écrire un livre vient avec beaucoup de pression. Une fois qu’il est imprimé, on ne peut plus faire de modifications. Il existera pour toujours sur les étagères des lecteurs.

Au début de cette aventure, je me suis retrouvée devant ma page blanche, à être paralysée dans mon écriture. Pourtant, j’ai l’habitude de créer du contenu mais ici, l’enjeu était différent. J’ai jeté de nombreuses versions de mon premier manuscrit jusqu’à être satisfaite de chaque page ! Aujourd’hui, je suis fière de ce bébé : je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même. Je n’ai pas peur de son côté pérenne, de sa durée après impression. D’ailleurs il a été conçu pour accompagner les indépendants pendant un (long) moment, en couvrant des sujets allant de l’idée d’un business freelance au développement de nouveaux projets, une fois qu’on aura fait le tour de son activité.

 

 

Combien de temps met-on pour réaliser un tel projet quand on commence “from scratch” ?

Tu as dû passer par de sacrées étapes ! Tu nous racontes ? 

De mon côté, j’ai rédigé ce livre en 9 mois. J’ai mis 5 mois à sortir un premier chapitre, et 4 mois pour les suivants. C’était lié à un trop grand perfectionnisme de ma part, et à cause de ce lent démarrage, le planning a été très serré par la suite. À la fin, j’ai pris la décision de mettre mon activité de formatrice en pause quelques mois pour être à 100% sur l’écriture.

Lorsqu’on a envie d’être publié, on ne travaille pas seul. Il faut donc s’engager sur des délais qu’on peut tenir, au risque de bouleverser le planning d’autres collaborateurs. Au travers de ma maison d’édition, j’avais une équipe pour m’aider à reformuler, à relire, à vérifier que l’information était bien compréhensible, à mettre le livre en forme (avec une belle maquette) … sans compter les dates de sorties de livres business (aux rentrées littéraires d’octobre ou de mars).

De plus, l’écriture s’arrête rarement à la livraison d’un manuscrit. Le contenu fait des aller-retours entre l’auteur et l’éditeur, jusqu’à trouver la meilleure version possible. C’est un travail de longue haleine. 9 mois, c’était sport mais on a réussi ce merveilleux pari ! Pour mes prochains livres, je me donnerais 2 ans minimum. Je pense que c’est un délai plus réaliste pour écrire à côté d’une autre activité.

Enfin, après la rédaction vient le moment de promotion. Un livre est un produit et il faut une stratégie pour le vendre. En tant qu’auteure, je vais me rendre disponible à nouveau pour le mois de lancement et voyager un peu partout en France pour parler de tout ce qu’on trouve de beau à l’intérieur de “Tout Pour Être Freelance” 🙂 

 

 

Tu as dis qu’un “bon” livre business n’est pas simplement une liste d’informations structurées, mais « un outil qui te tient un peu la main quand tu as envie d’abandonner ».

Que peuvent donc retrouver les néo-freelances dans ton livre ?

Dans mon livre, on peut trouver non seulement du contenu mais aussi une bonne dose de courage. Il faut les deux pour passer à l’action et développer une entreprise.

On a tendance à l’oublier, mais il faut beaucoup d’audace pour se lancer à son compte.

C’est pour ça que j’ai utilisé une écriture authentique, bienveillante et pleine d’exemples et de portraits.

Le freelancing, c’est une aventure humaine et un projet de vie, pas juste une application en mode “robot” de stratégies.

Au final, je propose aux indépendants 400 pages et 5 grandes parties sur les thématiques suivantes :

  • le champ des possibles dans l’économie freelance (pour se rassurer et savoir si son projet est réaliste ou pas …) ;
  • la préparation du lancement (ou une bonne remise à plat) pour enfin savoir par où commencer et avancer, plutôt que d’être perdu et partir dans tous les sens ;
  • la maîtrise des méthodologies basiques en vente et marketing pour rendre son offre attractive auprès de potentiels clients (parce que sans argent, on ne va pas durer bien longtemps) ;
  • la gestion de son état d’esprit (ou mindset) pour se blinder face aux difficultés et pour apprendre à bien se connaître. C’est la partie délicate pour de nombreux indépendants, et j’ai mis pleins de conseils pour devenir serein !
  • l’équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle, parce que la séparation entre les deux n’existe pas et que ce mode de travail est encore peu reconnu dans nos sociétés. Il faudra s’armer de patience et de stratégie pour développer ses projets.

Avec mon éditrice, on a souvent ri sur le fait qu’on était en train de sortir la “bible”. Au départ, le livre devait être plus petit et au fil du temps, j’ai ajouté des pages et des pages. Même en étant concise, il fait presque 1 kilo. C’est un bouquin sur lequel on peut compter durant les fameuses 3 premières années d’activité, qui sont cruciales pour trouver ses marques et savoir si un projet va durer dans le temps (ou pas). 

 

Récemment, tu parlais de « projet liberté ». C’est un thème qu’on aime beaucoup au Hub Nomade ! Peux-tu nous expliquer un peu ce concept ?

De nombreux indépendants se lancent en cherchant des opportunités. Ils acceptent ce qu’on veut bien leur donner, en oubliant qu’ils ont le choix.

Le projet liberté consiste à définir ses envies et ses limites (non négociables) pour filtrer les missions qui viendront.

Par exemple, si j’ai envie d’être digital nomade, ça n’a aucun sens pour moi d’accepter un contrat sur site, à Paris, même s’il est ultra bien payé.

Pour pouvoir réaliser ces arbitrages, il faut être au clair sur ce qu’on souhaite créer. Peut-être que ça viendra vite, peut-être pas… mais au moins, on aura un itinéraire vers lequel tendre (et une motivation pour durer les jours de passage à vide).

 

 

Pour toi, freelancing et connaissance de soi vont de paire… et on est bien d’accord ! Peux-tu nous expliquer pourquoi ? 

Le freelancing est un outil de développement personnel extraordinaire. En dehors du cadre rassurant d’un CDI, un indépendant doit apprendre à se faire confiance et à accepter l’incertitude.

La sécurité en freelance, ce n’est pas d’avoir une indemnité chômage qui tombe ou de signer un gros contrat … c’est de savoir qu’on arrivera à s’adapter, à faire face et à trouver des solutions peu importe ce que la vie nous balance en pleine face !

Et cette agilité va aussi venir nous libérer de beaucoup de peurs dans nos vies personnelles.

Pour se faire confiance, il faut se connaître et surtout s’accepter pleinement. En devenant son meilleur allié, on peut alors faire preuve de patience et de bienveillance envers soi-même et se donner le droit d’être heureux au travail (parce qu’on le mérite) tout en travaillant sur nos points faibles (que nous avons tous).

 

 

Parlons un peu de toi : tu es passée par pas mal d’étapes dans ta vie pro – salariée, start-uppeuse, freelance, infopreneur et maintenant créatrice de contenu on et off-line.

On dirait que pour toi, tout est possible ! Qu’as-tu envie de dire à ceux qui pensent qu’ils ne vont pas y arriver ? 

J’ai envie de leur dire de s’autoriser la prise de risque (mesuré) et de s’armer de patience, parce qu’au fil du temps ça deviendra de plus en plus facile. J’ai aussi monté des projets qui n’ont pas fonctionné.

L’échec est normal. On se plante tous, à petite ou grande échelle.

Si j’y suis arrivée, c’est aussi parce que j’ai osé faire des choses avant de me sentir prête et que je ne me suis pas arrêtée lorsque ça ne produisait pas le résultat espéré.

Aujourd’hui, je peux me reposer sur mon expérience ce qui m’aide à réussir plus rapidement mais quand je pense à mon démarrage, je me souviens avoir été très maladroite. Et c’est ok 🙂 

 

 

Quelle est la prochaine étape professionnelle pour toi ? 

L’écriture de mon livre a été intense et cathartique. Des émotions très fortes sont nées de cette expérience, notamment la gratitude d’avoir trouvé “ma” voie et de me sentir bien dans ma carrière. C’est précieux de trouver du sens au travail.

Je compte bien poursuivre mon activité de formatrice pour La Minute Freelance aussi longtemps que possible, et continuer à écrire pour moi (avec d’autres livres) et pour une petite quantité de clients triés sur le volet (avec des prestations de copywriting).

J’ai aussi pour projet de devenir prof de yoga, mais c’est plutôt pour partager ma passion pour cette pratique ancienne et pour rencontrer plus de monde dans ma communauté. J’ai déménagé à Santa Teresa, au Costa Rica, et je pense que je reviendrais vers le nomadisme digital une fois la pandémie terminée.

Internet me permet de gagner ma vie de partout, mais j’ai à cœur de fermer l’ordinateur et de pouvoir échanger avec les locaux des lieux où je vis :

ceux qui travaillent dans le tourisme, la restauration, les petits commerces … et qui viendront peut-être pratiquer un vinyasa avec moi. 

Enfin, mon grand rêve serait d’ouvrir un espace de coliving et coworking au bord de l’Océan pour y recevoir des freelances venus des quatre coins du monde et créer une communauté bienveillante, centrée sur l’entraide. 

 

 

Tu vis au Costa Rica depuis presque un an maintenant, et le pays vient de sortir un visa pour les digital nomades.

Peux-tu nous parler de cette destination et de ce que pourraient y retrouver de nouveaux arrivants ? 

Tu as raison : le projet de loi d’un visa Digital Nomad a reçu des votes positifs de la part des législateurs du Costa Rica, mais il n’est toujours pas entré en vigueur. Autrement dit, à ce jour (septembre 2021), les télétravailleurs comme moi viennent encore avec un visa de tourisme de 90 jours. L’immigration est très tolérante : il suffit de sortir puis entrer à nouveau sur le territoire pour renouveler ce visa. C’est très similaire à la Thaïlande ou à Bali.

Le Costa Rica est une destination idéale pour ceux qui aiment la nature mais qui comptent quand même sur des infrastructures stables. Ici, je vis (presque) dans la jungle et j’ai la fibre optique.

Internet fonctionne mieux qu’à Paris, malgré les coupures de courant occasionnelles. Parfois, je donne des formations sur fond sonore de singes hurleurs ou avec un iguane qui se balade en fond d’écran. C’est un paradis paradoxal.

J’ai choisi de vivre à Santa Teresa, qui coûte très cher (mais qui en vaut chaque centime !). Si on est prêt à dépenser un budget similaire au coût de la vie à Paris, on peut y trouver une qualité de vie inégalable : des plages magnifiques, des spots de surf qui fonctionnent presque toute l’année, un espace de coworking et de beaux cafés pour travailler, une offre culinaire variée et délicieuse, de nombreux studios de yoga, une communauté internationale et des locaux très accueillants.

D’autres villes sont moins chères, mais le Costa Rica n’est pas surnommé “la Suisse d’Amérique centrale” pour rien … Par contre, ce tourisme haut-de-gamme permet aussi de préserver la nature très riche du pays. Aujourd’hui, je serai incapable de vivre à nouveau en ville. Cette expérience m’a transformée, j’ai compris l’importance d’une vie en pleine nature.

 

 

Tu as participé à un coliving du Hub en juin dernier, quel a été ton ressenti ?

Que penses-tu de l’aspect communautaire de cette vie-là ?

En parles-tu dans ton livre ?

Je fais bien entendu un clin d’œil à cette expérience dans mon livre (page 318) puisque j’ai rédigé les dernières lignes au coliving autogéré de Hossegor, entourée de personnes inspirantes et qui m’ont bien aidée à avancer sur cette dernière ligne droite.

J’ai pu faire du surf avec Tiphaine, du skate avec Bastien, Clara et Pénélope, cuisiner des bons petits plats avec Elies et Emilie, des couchers de soleil à la plage avec Mathilde et Mathieu … et même enregistrer un podcast avec Alex (qui s’est avéré être une conversation absolument incroyable). Le plus drôle, c’est que je ne connaissais aucun de ces indépendants avant le coliving. Et au bout de quelques jours, j’étais absolument fan de chacun d’entre eux !

J’ai toujours aimé me faire de nouveaux amis, entendre les récits de vie de personnes complètement étrangères et me sentir proche d’eux grâce à nos expériences communes … Je pense que c’est une envie partagée par tous les voyageurs fréquents, mais aussi les freelances qui doivent réfléchir à de nouvelles façons de créer du lien puisqu’ils travaillent parfois seuls, sans voir leurs clients.

Les tiers lieux comme les espaces de coworking sont parfaits pour changer d’environnement, mais le coliving va beaucoup plus loin en créant de véritables communautés. Je suis persuadée que le futur du travail sera aussi fait de séminaires entre professionnels partageant les mêmes aspirations ou les mêmes loisirs.

 

 

On finit sur une question pratique : quels sont tes « quick wins » pour un lancement en freelance réussi ?

Pour se lancer ou tout remettre à plat, j’invite les indépendants à poser les bases :

  • qu’est-ce que je vends ?
  • à qui je vais le vendre ?
  • qu’est-ce que ça va leur apporter, concrètement ?
  • comment mes clients vont-ils savoir que j’existe ?

Quand on a la réponse à ces 4 questions, on a un début de stratégie. Souvent, les indépendants se lancent corps et âme dans la création d’un site web ou le design d’un logo sans avoir posé ces bases là.

Pour moi, c’est la priorité et cette clarté est un “quick win”. Ce qui n’est pas clair pour un freelance le sera encore moins pour un prospect … 

Bien entendu, quand on n’est pas vraiment sûr de sa stratégie, on peut être paralysé pour le passage à l’action. Dans ce cas, il faut se mettre dans la peau d’un scientifique ou d’un détective. Partez d’une hypothèse, et confrontez vos idées sur le marché. Les freelances qui réussissent ne sont pas forcément ceux qui ont vu juste du premier coup, mais ceux qui ont persévéré jusqu’à trouver la bonne recette pour eux !

 

 

Dernière question : où peut-on se procurer ton livre ? 

Tu peux le retrouver sur la boutique en ligne de ma maison d’édition, Caliopea. D’ailleurs, tu pourras aussi y consulter un extrait. Les deux premiers chapitres sont offerts. Attention : l’essayer, c’est l’adopter 😉 

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