Pourquoi et comment créer un collectif de freelances ?

Crédit photo : Marine Graham Photography

 

Le statut Freelance explose en France avec une croissance de 33% en 6 ans et un effectif de 930 000 individus selon Eurostat. Un chiffre qui devrait continuer d’augmenter dans les années à venir. Selon la plateforme 404Works, 69% des freelances ont moins de 35 ans et 68% d’entre eux travaillent à distance. Associées à cet engouement pour l’indépendance, de nouvelles formes de collaboration, de mise en relation et d’échange émergent : les collectifs de freelance.

On analyse aujourd’hui la tendance et on vous explique pourquoi et comment créer un collectif de freelances !

Collectif, définition :

 

Le dictionnaire définit le collectif comme suit :

« Equipe, groupe qui poursuit un objectif commun »

« Qui représente plusieurs individus considérés comme formant un ensemble caractérisé par des traits, des comportements communs »

« Qui est le fait d’une collectivité réagissant à certaines situations par des actions dont les individus pris isolément ne seraient pas capables »

S’agissant des collectifs de freelances, on trouve plusieurs définitions :

« Le collectif (…) se présente comme une véritable « équipe ». Tous les membres (…) sont des travailleurs indépendants possédant respectivement une expertise spécifique. Ils saisissent, par la mutualisation de leurs forces, l’opportunité de répondre à des projets. » (ITG.fr)

« Un collectif de freelances c’est juste des freelances qui bossent ensemble (dans les mêmes locaux ou pas), et se présentent sous un nom commun avec des produits de prospection (site, plaquettes…) communs. » (Kob-One.com)

 

Crédit photo : Bastien Labelle

 

Pour nous, plusieurs éléments constituent un collectif de freelance :

  • C’est un groupe d’individus
  • Ces individus sont tous freelances
  • Ils s’affranchissent des contraintes liées à une structure ou un statut
  • Ils sont liés par leur seul libre arbitre et les règles fixées au sein du collectif autrement dit sur le principe de la responsabilité partagée
  • Il n’y a pas de hiérarchie entre les membres, seulement des individus qui participent plus ou moins à la vie du collectif

On aime bien aussi la définition d’Amédée pour son aspect « éternel recommencement ». La notion de collectif n’a rien de nouveau, il serait même plutôt intrinsèque à la nature humaine : rien ne se perd, tout se transforme !

« Ces collectifs peuvent être comparés aux collectifs métiers d’antan que furent les guildes, les corporations ou les compagnons : on les rejoint pour apprendre, s’organiser et se défendre. On s’y fait une place, on y acquiert un statut, on s’y réalise ».

En effet, la réunion se fait avant tout sur un corps de métier : celui de Freelance dans une perspective de progression, quelle qu’elle soit. On va d’ailleurs s’intéresser aux origines de la création d’un collectif et ce qui motive des individus à le rejoindre.

Les 8 bonnes raisons de créer ou rejoindre un collectif de Freelance

 

1. Briser la solitude

Etre freelance, c’est être seul voire isolé. C’est perdre la dynamique sociale qui a toujours constitué nos vies, qu’elles soient scolaires, associatives, sportives ou professionnelles en entreprise… C’est un saut dans l’inconnu qui peut être difficile à vivre tant en terme de santé mentale que de progrès professionnel. Etre toujours seul et fonctionner en circuit fermé n’a rien de bénéfique sur le long terme : on a tous besoin de contact humain, de se motiver à plusieurs, de partager une bonne énergie, de rire, de parler de nos soucis aussi minimes soient-ils, mais aussi échanger autour de nos projets, nos ressources et inspirations, et confronter nos points de vue ! Rejoindre un collectif permet de retrouver une dimensions sociale essentielle à notre équilibre.

 

Crédit photo : Bastien Labelle

 

2. Faciliter le business

Au cours de nos vies professionnelles, deux éléments paraissent vraiment structurants : les rencontres et les opportunités. Rejoindre un collectif de Freelance permet de retrouver cette dimension d’ouverture à l’autre, aux synergies, aux coups de coeur professionnels et au timing.

En tant que Freelance, cela permet notamment de se créer un réseau ou d’élargir son cercle, de multiplier les échanges et les opportunités, de décrocher des missions que l’on n’aurait pas forcément décroché seul, ainsi que de progresser aux côté de Freelances plus expérimentés ou aux compétences complémentaires.

 

3. Trouver du soutien

Le statut Freelance reste un statut précaire, auquel personne n’est formé, ni accompagné, ni préparé. On se retrouve du jour au lendemain à devoir gérer les aspects administratifs et comptables de sa propre entreprise, à ne pouvoir compter que sur soi-même pour se verser un salaire, à devoir se vendre pour trouver des clients… un changement qui peut faire peur, laisser place aux doutes et à de multiples interrogations.

La force du collectif, c’est d’apporter à chacun un soutien moral et opérationnel : conseils, écoute, outils, astuces, recommandations… on n’est plus tout seul face à l’inconnu ou au challenge. On trouve des réponses facilement, on gagne en temps et en sérénité.

 

Crédit photo : Marine Duracell

 

4. Trouver une communauté

Devenir freelance, c’est s’affranchir d’un modèle de société et de carrière encore très prégnant dans la société. C’est se marginaliser par choix, et cela l’est d’autant plus lorsque l’on adopte un mode de vie nomade.

Au sein du Hub Nomade, on parle beaucoup de contre-culture – par définition « courant culturel qui se définit en opposition à la culture dominante ». Chaque membre a fait le choix, individuellement et en toute conscience, de s’affranchir des codes pour construire son mode de vie idéal, dont la valeur première est la liberté, sans contrainte de temps et d’espace.

Chaque collectif réunit des membres à la vision, aux valeurs et au « WHY » similaires : en ce sens, les membres y trouvent leur communauté d’appartenance. Un collectif remplace à ce titre l’entreprise et la culture d’entreprise en étant le vecteur d’un sentiment d’appartenance fort.

5. Donner du sens à son action

Un collectif, c’est aussi une vision de la société, une promesse et un objectif. C’est ce qui donne aux membres l’envie et la volonté d’y adhérer et donc du sens à leur action. Par exemple, la vision du Hub Nomade est de contribuer à fonder une société plus respectueuse de l’environnement, plus inclusive, plus équitable et responsable. La majorité de nos clients sont des entrepreneurs, start-ups et PME engagés autour de projets progressistes qui ont du sens dans le contexte actuel. Cela donne du sens à l’action quotidienne de chacun des membres prenant part à ces projets.

 

Crédit photo : Mathilde Metairie

 

6. Renforcer son personal branding

En tant que Freelance, fonder ou rejoindre un collectif, c’est ajouter une étiquette de choix à son profil. C’est donner des indications plus spécifiques sur qui l’on est et quel rôle on entend jouer au sein du groupe. C’est valoriser une appartenance à un projet plus large. C’est montrer que l’on est validé par ses pairs quant à ses compétences et son savoir-être. C’est mettre en avant des croyances, des valeurs et une vision plus grande que soi.

7. Monter en compétences

Rejoindre un collectif, c’est profiter d’un formidable accélérateur de montée en compétences. On peut échanger facilement avec ses pairs et accéder à une mutualisation de compétences larges. Retours d’expérience, mini-formation, mise à disposition de ressources, coup de main ponctuel sur un projet… les synergies sont pléthoriques et synonymes de progrès pour tous. D’autre part, le collectif permet à chaque membre de développer son portefeuille de clients et de missions, et donc de progresser plus vite.

 

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Crédit photo : Marine Graham Photography

 

8. Explorer le futur du travail

Le collectif est une forme d’expérimentation d’une nouvelle forme d’organisation et de collaboration, à l’heure où les nouveaux modes de travail explosent. Rien n’est figé et tout est à construire, chacun dispose d’une liberté immense de tester des formats, des statuts, des modes d’organisation, etc. Une belle aventure tournée vers le monde de demain, à l’heure où le freelancing est une page blanche sur laquelle rien n’est encore vraiment gravé dans le marbre !

 

Collectifs de Freelances français : tour d’horizon et mode de fonctionnement

Plusieurs collectifs de freelance ont vu le jour ces dernières années en France, chacun portant une vision, des spécificités et un fonctionnement spécifique. Les statuts sont divers (SCIC, SAS, association, SARL, CAE…), la localisation, les compétences et la typologie de clients aussi.

Petit tour d’horizon des principaux collectifs français :

Le collectif Lookoom

Ce collectif parisien fonctionne comme une véritable « agence nouvelle génération » avec la promesse d’une organisation « collaborative, agile et efficace » et de membres « triés sur le volet ». Créé par 4 profils « agence », Leïla Haddouche, Louise Racine, Marie Robin et Samantha Kerdine, Lookoom monte pour chaque projet une équipe de freelances dédiée, pilotée par un référent projet. Le collectif compte désormais plus de 100 profils freelances experts des réseaux sociaux. Juridiquement, Lookoom est une association déclarée.

 

 

Le collectif Cosme

Du côté de Cosme, fondé par Pauline Trequesser à Bordeaux, même combat : une équipe de freelances est créée sur-mesure avec un fonctionnement en « mode projet ». Le collectif défend la place de « premier collectif de freelances structuré avec un modèle de travail unique en France ». La philosophie de Cosme : ensemble on est plus fort et plus heureux !

Passionnée par le futur du travail, Pauline a constaté une émulation autour de la collaboration sans process. Pour elle, le monde évolue, et les entreprises vont avoir de plus en plus besoin d’agilité, de regards extérieurs, de réactivité et d’une culture entrepreneuriale. Sa mission avec Cosme : travailler à accompagner l’intégration de freelances au sein des entreprises et sourcer de bons profils freelances pour les réunir ensemble.

Le statut de Cosme est une SARL. Chez Cosme, chaque membre du collectif perçoit une commission d’apport d’affaires de 10 % à laquelle s’ajoute 10 % pour la fondatrice. Le collectif en lui-même s’appuie sur le groupe Facebook « Freelances à Bordeaux » et ses 1 774 membres pour proposer un large panel de prestations.

 

Crédit photo : Collectif Cosme

 

Le collectif Happy Dev

Autre exemple : Happy Dev, « le grand réseau des indépendants au service de vos projets numériques », qui constitue lui aussi des équipes sur mesure qui travaillent ensemble. Chaque projet est suivi par un « capitaine », membre senior du réseau. Happy Dev rassemble plus de 500 profils répartis dans plus de 10 villes de France. La condition sine qua non pour en faire partie : signer un Manifeste autour de l’épanouissement au travail.

C’est qui l’boss ?
Y’en a pas !

Chez Happy Dev, on fonctionne en SAS. Les recettes encaissées sont reversées à 95% aux indépendants et aux capitaines de projet. Les 5% restants sont dédiés aux frais de structure (outils communs, service juridique, etc.) ainsi qu’à la structuration et l’expansion du réseau. Sur certains projets, un pourcentage d’apport d’affaire peut également être prélevé. Les membres échangent sur un forum de chat en ligne.

 

Crédit photo : Collectif Happy Dev

Le Hub Nomade

Nous nous permettons une incursion dans ce tour d’horizon de par notre spécificité nomade. Celle-ci implique que nos membres vivent ou voyagent aux quatre coins du monde et ne sont pas tous soumis aux mêmes règles et législations. Le digital nomadisme en est encore à ses balbutiements et il y a un réel vide juridique le concernant.

Notre mode de fonctionnement s’accommode de ces contraintes avec un fonctionnement très souple : pas de structure légale mais un fonctionnement communautaire et collaboratif sur la base du volontariat et de la responsabilité. Chaque membre reverse 5% des recettes des missions acquises via le Hub à l’apporteur d’affaires et 5% à la fondatrice pour les frais de fonctionnement (communication, hébergement du site web…). Lorsque la mission est adressée au Hub en tant que collectif, 10% sont reversés à la fondatrice.

 

Crédit photo : Marie Gatti

 

Comment créer un collectif de Freelance en 5 points

Il n’y a pas de règle et c’est bien l’avantage ! Nous vous partageons néanmoins les principes directeurs qui ont contribué à fonder Le Hub Nomade et qui, à notre sens, sont assez pertinents pour qui souhaite créer un projet similaire !

1. Identifier le « WHY » et la plateforme de marque

  • Quelle identité ?
  • Quelle vision ?
  • Quelle mission ?
  • Quelles valeurs ?
  • Quelle promesse ?

Comme une marque, un collectif a besoin d’avoir une raison d’être pour exister, fédérer, rassembler, animer, attirer et durer !

2. Identifier un mode de fonctionnement

Que cela concerne le statut juridique ou légal, le fonctionnement de la collaboration entre freelances, les conditions de l’apport d’affaires, la gestion des clients en mode projet, le mode de communication au sein du collectif, les règles de fonctionnement du groupe, le calendrier des évènements associés à la vie du collectif… il s’agit de tout écrire dès le départ afin de rendre les choses le plus fluide possible. La plupart des collectifs font signer une charte à leurs membres : chacun engage sa responsabilité sous peine d’être exclu en cas de non respect des règles.

 

Crédit photo : Marine Graham Photography

 

3. Identifier le profil des membres

Le profil, les compétences, le savoir-faire et le savoir-être des membres d’un collectif engagent l’image et la crédibilité du collectif en tant que tel. Il s’agit donc dès le départ de définir le profil type des membres pour faciliter le recrutement et rassembler sans perdre l’âme et l’essence du collectif. Un écueil serait notamment que les membres ne s’y retrouvent plus car la typologie des profils est trop large, ou bien qu’un apporteur d’affaires soit mis en porte-à-faux suite à la recommandation d’un freelance qui n’aurait pas été à la hauteur de la tâche.

4. Identifier les leviers d’animation du collectif

Un collectif, une fois créé, doit vivre ! Pour cela, il est nécessaire que les membres échangent, se connaissent, collaborent : en somme, il faut que « la mayonnaise prenne ».

Quelques bonnes pratiques expérimentées au sein du Hub : créer un espace de chat collectif privé, demander à chaque membre de se présenter auprès des autres, organiser des sessions de coworking lorsque plusieurs membres sont au même endroit, organiser des séjours coliving au cours de l’année pour permettre à tous de se rencontrer et de tisser des affinités…

 

Crédit photo : Bastien Labelle

 

5. Identifier des leviers de prospection

Pour vivre, un collectif doit aussi attirer des clients ! Il s’agit donc de se faire connaître auprès de sa cible. Pour cela, une stratégie de communication et marketing est indispensable, avec notamment la mise en place d’outils dédiés : création d’un site vitrine, création de contenu sur un blog associé, animation de réseaux sociaux dédiés, mise en place d’une prospection plus commerciale (plaquette, prise de contact, etc.)….

Il est essentiel que chaque membre soit également ambassadeur du collectif et qu’il en parle autour de lui, notamment à ses clients. Le principe d’apport d’affaires est donc très important.

 

N’hésitez pas à ajouter vos remarques et retours d’expérience en commentaire de l’article, nous serons heureux de vous lire !

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