Les nouveaux modes de travail : dépasser une lassitude généralisée

Face à la crise climatique, à un contexte pandémique qui dure, à une quête de sens de plus en plus symptomatique d’une société exsangue, qu’avons-nous à proposer ? Nous revenons dans cette tribune sur les leviers de motivation au travail qui ont fait de la Marque Employeur un atout stratégique des entreprises, et sur les fondements d’une nouvelle réalité expérientielle et communautaire qui émerge avec l’explosion des nouveaux modes de travail : télétravail, « full remote », tiers-lieux, coworkings, colivings… Bienvenue dans un monde où le “future of work” constitue un virage que les entreprises vont devoir prendre pour rester dans la course.

La marque employeur, premier levier de motivation au travail

Lassitude, ennui, démotivation : voilà le partage d’expérience auquel nous assistons parfois et de plus en plus souvent dans les structures traditionnelles.

Depuis, le concept de marque employeur est né. Il s’agit de promouvoir l’idée d’un épanouissement de chacun dans l’entreprise, qui aboutit sur une nouvelle forme de concurrence entre les organisations pour attirer les meilleurs profils.

Mais voilà, parfois, la concurrence n’est pas égale. Le monde de la startup a quelque peu capturé les meilleurs talents de son côté, jusqu’à aller les exporter de l’autre côté de l’Atlantique pour les plus géniaux d’entre eux. Nombre de noms sont devenus célèbres, parce que devenus cadre dirigeant dans une des GAFAM.

S’il y 25 ans, la mission d’une DRH consistait à embaucher des candidats demandeurs, à régler les problèmes administratif et juridiques, son rôle est aujourd’hui d’apporter une valeur stratégique à l’entreprise. Au regard de l’intensification concurrentielle, et cela dans tous les secteurs d’activités, nous sommes aujourd’hui certains que pour gagner, il faut à la fois réunir les meilleurs talents, mais en plus qu’il y ait une cohésion entre ses membres dans la collaboration.

 

Quelles solutions pour les entreprises ?

Nous avons d’abord assisté à la mode importée d’outre-Atlantique de mettre à disposition des avantages multiples basés sur la consommation : mise à disposition de produits alimentaires, création de « parcs d’attractions » dans l’espace de l’entreprise symbolisé par le fameux babyfoot… Une mode où occuper son temps à s’amuser dans l’entreprise devenait le symbole de la réussite professionnelle, d’une vie « cool », et du « je pilote ma journée comme je veux, je suis libre ».

Mais la réalité a vite rattrapé cette mode, d’autant plus qu’elle était essentiellement basée sur des valeurs dépassées : celles d’une société boulimique de consommation, offrant de la « junkfood » à volonté.

 

De la crise climatique à celle du “métro-boulot-dodo”

Nous avons alors assisté à un revirement à 380° avec la question climatique et son incarnation par la jeunesse symbolisée par Greta Thumberg, qui a peut-être fait changer ce regard. Toujours est-il qu’offrir de la « junkfood », un babyfoot ou une table de ping-pong est très loin des nouvelles préoccupations, voire diamétralement opposées.

A cela, ajoutez la crise sanitaire qui a mis le télétravail au centre du dispositif des entreprises et là tous les repères disparaissent, toutes les questions fusent, même les salariés ne savent plus où ils en sont, où viennent se mêler vie privée et vie professionnelle.

 

Campagne #IAmACapsuleKiller par Chacun Son Café

Quand l’entreprise perd de son aura

Et cela n’est pas sans conséquence sur la perception de soi à travers ce retour d’expérience hors des conventions professionnelles historiques. L’entreprise a, au sens propre, explosé. Et avec ce changement, sa dimension protectrice et autoritaire voire paternaliste, ou se qui en restait est bel et bien enterré.

Et pour finir, les entreprises elles-mêmes ont détruit ce qui restait du contrat entre elle et les salariés. Le CDI, s’il existe encore majoritairement, beaucoup d’entre nous se posent la question de sa valeur réelle, de jusqu’à quand va-t-il encore tenir, et cela sans trop d’illusions.

Alors que reste-t-il de possible à promettre pour expliquer que « c’est chez nous qu’il faut venir » quand le chez nous est devenu chez soi, quand le CDI est un statut en voie de disparition, quand tout évolue avec une incertitude totale ?

Est-il encore possible de promettre un avenir, quand on constate qu’il n’y a en lui que de l’incertitude ? Quand plus aucune autorité n’est en mesure de prévoir les choses du monde, quand le climat devient une menace pour tous et une angoisse pour un nombre grandissant ?

La question du climat est aussi pour la première fois de l’humanité une question globale, elle concerne 100% du monde du vivant, elle questionne autrement, elle n’exclut personne ou plutôt personne ne peut s’en exclure.

 

La communauté comme voie vers une nouvelle harmonie

Une nouvelle ère est déjà là. Celle où l’abondance n’existe plus. Et quand l’abondance n’est plus de mise, quand gâcher n’est plus possible, quand les même les miettes deviennent un enjeu, la solidarité et les règles deviennent le seul moyen de survie.

Au sein des entreprises, nous en sommes là. Les jeunes générations veulent être ensemble. Elles se sécurisent, elles s’entraident, mais elles ne veulent pas d’intrus. Elles n’ont plus confiance en ce que l’institution prétend leur offrir et en ses représentants. Elles ne voient que les discours pour basculer vers la réalité du monde économique qui ne sert que les « déjà là », que ceux qui ont un accès aux richesses de générations en générations.

Le monde des startups est très majoritairement fait de jeunes blancs, qui ont les bons diplômes, qui bénéficient d’un réseau et des codes sociaux hérités qui leur donnent accès à l’ensemble des ressources nécessaires à leur prospérité. Mais le besoin des entreprises va bien au-delà de cette minorité dirigeante.

 

L’ « être ensemble » comme nouveau repère

Nous pensons que la grande tendance est de ne plus confier à personne son avenir. De rester le seul maître de décider de son présent pour mieux contrôler son futur.

Nous sommes entrés dans le monde de l’opportunité et d’un présent absolu où l’interconnexion est un nouveau moyen de se mouvoir et d’opérer la gestion de sa carrière qui se confond avec sa vie privée. Là aussi, cette notion de barrière qui pouvait exister dans le cadre ancien a complètement explosé.

L’expérience communautaire une ressource pour les entreprises ET les salariés

Notre offre aux entreprises est une ressource aux salariés pour aider à « être ensemble » de façon différente, de comprendre comment mettre dans son activité quotidienne une part nouvelle de soi, pour faire face ensemble au nouveau contexte du monde auquel chacun de nous est confronté.

Nous proposons une expérience collective, bizarrement une expérience, où chacun vient avec ce qu’il est, apporter aux autres sa présence.

 

 

Chacun vient se décontextualiser pour se voir autrement. Être dans un groupe sans pour autant être dans un mode fonctionnel. On ne collabore pas, mais on partage une société de valeurs, on expérimente une nouvelle forme de présence, basée non plus sur l’attente formelle d’un résultat nécessaire à l’organisation, mais sur cette dimension d’éthique relationnelle.

La présence de chacun est en soi un objet de valeur : personne n’attend rien de spécial de sa part, mais il compte par ce qu’il est.

Article co-écrit par Marc Gusils, entrepreneur social et Margaux Roux, fondatrice du Hub Nomade

Photos : Mélody Barabé pour Le Hub Nomade et Chacun Son Café

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