Copywriter : le métier le plus simple à exercer en tant que digital nomade ! Rencontre avec Sélim Niederhoffer

Sélim nous a contactés suite à la sortie de son livre “le Guide du Copywriting”. Copywriter est un métier que l’on connaît mal mais qui est très répandu parmi les digital nomades. Et comme Sélim a 10 ans de bouteille dans le domaine, on s’est dit qu’il aurait certainement pas mal de choses à nous dire, à la fois sur son métier et sur le freelancing. On lui donne la parole et c’est vraiment intéressant. Bonne lecture !

Bonjour Selim ! Ravie de t’accueillir sur le blog du Hub ! Peux-tu te présenter rapidement ?

Hello Margaux, bonjour tous les freelances ! C’est toujours la question que je redoute le plus à cause de mes multiples casquettes : ça peut vite faire “illisible”.

Aujourd’hui, je suis copywriter freelance, c’est mon activité principale. J’écris des pages de vente, des séquences mails qui convertissent, des fiches produits ou des sites internet entiers pour mes clients. Ma deuxième activité, c’est coach en copywriting : je partage (et vends) mes connaissances de copywriter sur Les Mots Magiques, le blog et la chaîne Youtube du copywriting en français. Récemment, j’ai publié le Guide du Copywriting aux éditions Eyrolles. J’ai aussi été community manager de Patrick Bruel, de 2011 à 2019, tout en signant mes premières missions de copywriting en freelance pour Wilkinson, Veuve-Clicquot, Boss et d’autres grands clients. Dans la vie, j’aime bien regarder Questions pour un champion 🙂

 

Comment es-tu arrivé dans le domaine du copywriting ?

Je suis devenu copywriter à la suite d’un défi perdu en 2010 ! J’étais déjà blogueur et rédacteur : j’écrivais pour un grand site de conseils en séduction masculins, www.artdeseduire.com ainsi que sur mon blog lifestyle masculin personnel, www.selimniederhoffer.com. Le propriétaire du site Artdeseduire me confiait des articles à écrire, ainsi que des formations à préparer (type Guide du premier Rendez-vous, Guide de la confiance en soi, Messages Irrésistibles pour séduire par texto etc…)

Un jour, il me demande d’écrire une page de vente. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Il me donne quelques indications, j’écris pendant deux jours, et quand je le vois sortir son stylo rouge pour corriger ma copie, j’ai encore espoir ! En moins de deux minutes, il me dit que clairement, je ne connais pas le copywriting, que je ne sais pas écrire pour vendre. Moi, jeune et arrogant, je lui dis “Mais si, je suis sûr que cette page va faire des ventes !” Alors il me propose un test : il écrit sa version de la page de vente, et on fait deux envois par mail. Un envoi à 1000 personnes de la base clients avec sa version, et un envoi à 1000 autres personnes avec ma version. Le résultat est encore humiliant aujourd’hui : il a fait 30 ventes… et j’en ai fait 3. En 2010, je ne savais donc clairement pas vendre, et c’était prouvé par les chiffres ! Il m’a donc mis dans les mains un livre sur le copywriting, et un nouveau monde s’est ouvert à moi.

 

En quoi consiste ton métier exactement ?

La partie coach en copywriting est simple : je forme les futurs concepteurs-rédacteurs, je partage mes conseils et mes techniques en copywriting. Je n’invente pas grand chose, je me considère comme un passeur de connaissances. Je lis beaucoup de biographies de copywriters, j’accumule les techniques, et je les partage ensuite en vidéo, dans les articles, dans ma newsletter avec ma communauté.

L’autre partie, quand j’écris, est celle qui me permet de toucher à tout. Je rédige des textes pour un client dans la mode masculine, des séquences de cold mailing (pour la prospection) pour une agence de production, je refais tous les textes d’une entreprise de jets privés, j’écris pour une agence de recrutement, je m’occupe de la stratégie d’acquisition d’une coach en rangement. Parfois je corrige des CV, des lettres de motivation.

D’autres fois, j’aide des Instagrammeurs à structurer leurs 3 prochains mois de contenu, avec des légendes inspirantes, qui appellent au clic et au commentaire. Aujourd’hui, tout est copywriting. Même un menu dans un restaurant. Mes missions préférées ? J’ai récemment été appelé pour du ghostwriting (j’écris un livre, mais je ne le signe pas), j’ai relu des textes pour une émission de télé, et j’ai reçu mes premiers chèques pour écrire une série télé.

C’est l’équilibre dont parlait David Ogilvy, le père du copywriting moderne : un bon copywriter doit être la synthèse entre un poète et un tueur.

 

Est-ce un métier facile à exercer en freelance nomade ?

Quelles en sont les contraintes et quel « salaire » peut-on espérer au démarrage ?

Copywriter est probablement le métier de digital nomad le plus simple à exercer. Word ou Google Doc, une connexion internet et c’est parti.

Tu peux trouver tes clients sur les plateformes de freelances comme Malt, YouLoveWords, Redacteur.com, la crème de la crème etc… et vivre tranquille à Tulum, Toulouse ou Tallinn. Les contraintes sont assez minimes : il faut juste créer une société ou être auto-entrepreneur, fixer le bon prix, et rédiger votre bio pour vous démarquer des milliers d’autres copywriters freelances.

C’est ce qui peut démoraliser au début : il y a énormément de nouveaux copywriters francophones qui débarquent sur le marché à chaque semaine, et tous sont très créatifs. Ça nous force à rester précis, et à rendre la meilleure copie possible pour accumuler les clients. En termes de salaire, ça dépend de l’âge, de l’expérience, de la confiance et du domaine d’expertise. Je ne mets pas de plafond, mais je pense qu’un débutant qui vit tranquille chez ses parents sans payer grand chose devrait au moins facturer 300 à 350€ par jour.

 

Tu as écrit un livre sur le sujet après plus de 10 ans en freelance. Quelles leçons tires-tu de cette expérience ?

Le Guide du copywriting, c’était une expérience d’écriture compliquée. Long parce qu’il fait 50 chapitres très pratiques, très concrets donc il m’a fallu couper, réécrire, synthétiser le plus possible après la relecture des correcteurs et de l’éditeur. Comme pour mes 2 premiers livres (chez Solar pour la barbe et chez Leduc pour la séduction), écrire un livre me demande du temps de lecture énorme. Là, j’ai dû lire ou relire plus d’une cinquantaine de livres sur le copywriting, l’art du pitch, la vente. De plus, j’aime bien ajouter l’expérience des autres pour donner encore plus de valeur aux lecteurs.

Pour le Guide du copywriting, j’ai mené plus d’une vingtaine d’interviews, et j’ai gardé les 5 meilleures pour les bonus (une patronne d’agence, un copywriter qui a gagné des Lions d’Or et de multiples récompenses etc…)

Le plus compliqué, quand tu sors un livre, c’est de bien garder en tête que tu n’as fait que la moitié du travail.

La rédaction, c’est 50% du job. Les 50% restants, c’est la promotion. Vidéo, podcasts, blogs : il faut prendre le temps de parler de son livre, et de relancer aussi sur tes propres réseaux (twitter, linkedin, instagram, Youtube Les Mots Magiques) de temps à autre.

 

 

Quels sont tes conseils pour ceux qui se lancent et souhaitent évoluer en freelance ?

Vivez et soyez curieux ! Pour trouver des clients, il vous faudra parler le même langage qu’eux. Par exemple, mes deux années chez Forbes.fr à écrire sur le luxe m’ont permis de comprendre facilement la cliente dans les jets privés. Lire GQ, l’Etiquette et Vogue ainsi que Comme Un camion et Bonne Gueule m’a permis de signer facilement mon client dans la mode masculine, après un test d’écriture qui m’opposait à deux autres rédacteurs. Si vous voulez être copywriter, vous devez faire deux choses : lire et écrire. Lire parce qu’on a toujours besoin d’inspiration.

Pour moi, la lecture, c’est l’essence qui nous permet d’avancer.

Et écrire, parce que vous améliorerez votre style et votre compréhension des mécanismes du copywriting en écrivant, encore et encore.

 

Tu participes activement à l’écosystème freelance, notamment à travers des formations avec LiveMentor.

Qu’est-ce qui selon toi fait la richesse de ce milieu ?

A la base, j’ai été formé pour intégrer les boîtes du CAC40 : j’ai fait un mastère Achats après mon diplôme à Grenoble Ecole de Management. Je me suis rendu compte que je n’aimais pas trop les ambiances trop codifiées, trop politiques. En temps que copywriter freelance, j’ai la chance de parler directement au boss. Un seul niveau de validation. Soit le grand patron qui me paie, soit le responsable marketing. L’autre point qui rend la vie de freelance intéressante, c’est le fait de pouvoir écrire quand vous le voulez.

On a tous lu des articles sur la routine d’écriture des grands écrivains. Certains sont du matin, d’autres du soir. Et vous ?

L’avantage : votre client s’en fiche. Il vous laisse tranquille, ne vous demande pas de faire acte de présence au bureau, dans un open-space bruyant et contre-productif.

Vous pouvez écrire le matin si vous êtes chaud, ou le soir quand votre fille est couchée (ça c’est moi !), ou quand ça vous chante. C’est à mon sens un des vrais avantages du milieu du freelancing. Dernier point important : un bon travailleur freelance est un bon travailleur. Point. Avec la distance, la qualité est jugée, plus que jamais.

Ceux qui sauvaient leur place grâce à leurs compétences sociales uniquement (flatterie, amitiés calculées) vont sérieusement devoir se mettre au boulot.

Or, pour être un bon copywriter freelance, ce qui compte, ce sont les recommandations des clients satisfaits. Je pense que les freelances sont à la fois plus anxieux pour leur job, mais aussi plus consciencieux. Le CDI ramollit.

 

Comment vois-tu l’évolution de ce statut et plus généralement du monde du travail dans les années à venir ?

J’ai récemment lu de superbes articles et de bons livres sur les projections futures. J’avais commencé comme beaucoup de monde à rêver avec le livre La semaine de 4 heures, la bible du digital nomad de Tim Ferriss. C’est grâce à lui que j’ai travaillé depuis le bassin d’Arcachon ou de Paris, que j’ai alterné des phases New York – Berlin – Paris – Los Angeles et que mes clients ne disaient rien !

Dans les années à venir, on mettra encore plus l’accent sur le résultat, et peu importe le lieu d’où on travaillera.

Les centre-villes ne seront plus des expériences obligatoires, et on ira chercher le luxe du calme, de l’espace et du silence dans les campagnes. A mon avis, pour tous les freelances, les avis et notes Google, Linkedin ou Malt vont prendre une importance vitale pour notre prospection.

 

Une dernière chose à partager ?

Avec plaisir ! J’ai deux choses à partager.

LA première, c’est ce “deck of brilliance“, qui peut vous aider à trouver de nouveaux angles quand vous écrivez ou créez. Il est disponible en français, c’est très bien fait.

La seconde, c’est la bibliographie des meilleurs livres pour apprendre le copywriting. Évidemment, j’y ai intégré le Guide du copywriting, mais il y a plus de 30 sources US et françaises qui permettront à tous les copywriters d’écrire mieux et de vendre plus !

 

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